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HopusVia

24 Août 2023, 15:13pm

Hopusvia

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Œuvre sacrée de réconciliation

Consacrer à nouveau Ciel, Eaux

Consecrate aquam caelum iterum

L’Être uni, réconcilié est celui qui rythme chaque instant au son du sacré

Dans toutes les sagesses traditionnelles le Ciel et les Eaux sont la genèse de la manifestation qui permet la manifestation de l’être humain et son accomplissement. Nous relier à cette genèse est la première œuvre individuelle et collective à mener ; elle nous donne à voir la perspective sacrée.

L’ancien testament dit Gen1-6 « Dieu dit : Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux. Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fut ainsi. Dieu appela l’étendue ciel. Ainsi il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le second jour »

La Tradition indoue, sous la forme des Upanishads nous dit ; dans Aitareya Upanishad, Adhyaya I – Chapitre I : I-i-1 « Au temps des commencements, il n’existait que l’Atman, et uniquement lui ; il n’existait rien d’autre qui puisse émettre une lueur. L’Atman délibéra : « Je vais créer les mondes. » I-i-2 Il créa ces mondes, à savoir : Ambhas, le monde de l’eau, Marachi, le monde des rayons solaires, Mara le monde des mortels, et Apas, le monde des eaux. La-bas se trouve Ambhas, au-dessus des cieux ; et le ciel est son support. Marachi est l’espace intermédiaire. Mara est la terre. Ce qui se situe en-dessous est Apas. I-i-3 L’Atman pensa  « Voici donc les mondes. Je dois maintenant créer les gardiens des mondes. » Il fit sortir des eaux un être humain (Purusha) et le façonna. »

Le Tao nous indique aux chapitre VII et VIII : « Le ciel et la terre sont à l’infini ; le ciel et la terre vivent éternellement à l’infini. Certainement ils ne sont pas engendrés eux-mêmes ; c’est pourquoi on sait qu’ils sont éternels…Supérieure est l’eau pure…Les cœurs sont purs comme un fleuve. »

Le Coran indique Sourate 21-v30 « Ceux qui ont mécru, n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l’eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ? »

Les sagesses traditionnelles indiennes, africaines, aborigènes, amérindiennes indiquent toutes cette genèse des Eaux, du Ciel indispensable à la manifestation du vivant et de nous-même. Il ne s’agit pas ici d’établir une liste à jamais exhaustive mais bien de saisir ce cœur identique à chaque sagesse traditionnelle, cette unité par-delà la et les formes, de voir l’Origine commune, de prendre conscience de l’essentiel.

Le Ciel correspond à notre nature ; notre nature véritable est céleste, cosmique ; elle est l’Âme de l’Origine. Notre corps charnel n’est que l’enveloppe qui correspond cet état humain individuel. Seul le Ciel nous permet de « voir » cette Âme incarnée dans cet état. Cette Âme n’est pas individuelle, elle est universelle, elle est la fille de l’Esprit. Aujourd’hui nous ne levons plus les yeux vers le Ciel, notre regard est orienté vers notre nombril, notre moi limité et soumis à la division. Lever les yeux vers le Ciel, c’est « voir » le cœur. Aujourd’hui le Ciel est colonisé par ces miroirs métalliques qui nous renvoient sans cesse ces images superflues, anesthésiantes de ce petit moi, gonflé à outrance par la division. La colonisation de notre être par le numérique nuit à notre liberté, nous enchaîne et nous rapetisse.

Consacrer à nouveau le Ciel, c’est décoloniser notre nature.

Les Eaux correspondent aux natures environnantes, vivantes, aux autres états que l’état humain. Les Eaux sont l’environnement qui permet à chacun et à tous de s’épanouir, de vivre, de comprendre que nous ne sommes pas le centre mais bien un fil d’une étoffe tissée à l’Origine harmonieusement pour que chaque fil s’épanouisse, accordé aux autres fils. En exploitant la, les natures nous nous exploitons nous-mêmes ! En la salissant, nous nous salissons nous-même ! Toutes les sagesses traditionnelles nous situent gardien de cet environnement, non pas cerbère ou geôlier mais bien souverain de la continuité Absolu de cet environnement, de ces natures. Nous n’exerçons plus aujourd’hui cette noble œuvre. Nous avons à notre disposition une technologie possible mais nous la laissons-nous flatter au lieu de nous aider. Les acteurs actuels de la technologie ne servent que leurs intérêts et les intérêts des plus puissants ; leur puissance est bâtie sur le sable de notre soumission. L’exploitation cupide des ressources naturelles actuelles nous nuisent et nuisent à nos descendants. Souvenons-nous de cela.

Consacrer à nouveau les Eaux, c’est dé-exploiter les natures.

Consacrer à nouveau est une œuvre naturelle et authentique, à chaque période suivante de l’humanité, du monde, des êtres se souviennent de l’Origine et consacre à nouveau l’essentiel. Consacrer à nouveau est une œuvre noble qui place la dignité des natures, la dignité des êtres, notre dignité au sommet de l’œuvre collective. Cette œuvre collective unit les êtres de l’ensemble du monde sans distinction de race, de couleur ou de rang. Le désordre actuel provient de notre oubli de cette unité et de cette harmonie de l’Origine. Il nous appartient de rétablir cette harmonie universelle en accord avec le mouvement cyclique naturel de l’univers, de l’humanité. Consacrer à nouveau, c’est se réconcilier. Souvenons-nous de cela.

Cette œuvre universelle s’adresse à tous. Le Ciel et les Eaux ne nous appartiennent pas, nous ne sommes pas propriétaires, nous sommes locataires et de plus chargés de leur épanouissement, car leur épanouissement est la condition sine qua non de notre épanouissement. Toutes les œuvres qui participent à cet épanouissement sont essentielles, de la plus petite, banale à la plus exceptionnelle, chaque œuvre pacifique, accordée, à la même valeur vue du Ciel.

Ces actes individuels et collectifs sont effectifs s’ils sont effectués avec la conscience de nous accorder avec l’Origine, de communier avec l’essentiel. Les réaliser pour leur seule fin n’est pas une oeuvre de sagesse, les accomplir avec l’inspiration de l’Unité originelle, de l’Harmonie du Tout consacre ses actes et ainsi ils deviennent des œuvres authentiques de sagesse qui participent véritablement à notre accomplissement individuel, collectif, du vivant, du monde, des mondes.

La sagesse d’harmonie œuvre à la réconciliation, l’unité et l’harmonie de chacun et de tout. Les sociétés actuelles ne nous conduisent pas vers cette réconciliation, cette unité et cette harmonie. La sagesse traditionnelle n’oppose pas, elle offre une voie, un chemin distinct de l’impasse que nous vendent les puissances actuelles. La sagesse traditionnelle ne s’oppose pas aux sciences, elle unit, elle relie.

L’œuvre individuelle d’harmonie nous soulage, nous apaise ; elle peut être déployer collectivement afin d’unir un commun qui donne le sens véritable et originel de l’humanité : Vivre collectivement en harmonie avec l’ensemble des mondes, des natures, des vivants, de l’Autre, de nous-même. Cette unité collective peut naître à nouveau en nous ordonnant avec la manifestation ; c’est-à-dire consacrer à nouveau le Ciel et les Eaux.

Des individus, des collectifs ont déjà débuter cette œuvre ; les riverains du fleuve Atrato en Colombie, ceux de la rivière Whanganui en Nouvelle-Zélande et ceux du Gange de l’état de Uttarakhand. Nous pouvons amplifier leur œuvre en la rendant universelle.

#HopusVia

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